Fabienne Fiacre
Galerie FABIENNE FIACRE
18, rue de l'Université – 75007 PARIS
www.fabiennefiacre.com/fr
4 questions à Fabienne Fiacre
Pourquoi et comment vous êtes-vous intéressée au marché du dessin ?
Pourquoi ? Question intéressante !
L’intérêt pour le marché du dessin a succédé pour moi à celui pour la peinture. Pour la jeune marchande que j’étais, la peinture a été plus facile à appréhender. Mais mon goût pour le dessin, premier geste créateur de l’artiste, tend à prendre le dessus. C’est un domaine où il y a encore de belles découvertes à faire, vous gravitez dans un monde international de collectionneurs et conservateurs de musées qui sont les plus exigeants et les plus connaisseurs du marché. Les plus passionnés aussi.
Comment ?
Alors que j’étais une jeune stagiaire chez Sotheby’s, j’ai eu en mains les trésors du British Museum, des chefs d’œuvre de Raphaël, Michel-Ange ou Léonard de Vinci, de Poussin, Watteau ou David. Dans le cadre de mes études, le séminaire de Mme Roseline Bacou sur les collectionneurs de dessins, où nous examinions une à une les plus belles feuilles des collections Jabach, Crozat, Dezallier d’Argenville, Mariette ou Saint-Morys, avec à l’appui, l’analyse de la grande spécialiste qu’elle était, a été fondateur de ma passion pour ce medium. Quand Guy Sainty m’a demandé de venir travailler à New York avec lui, il exposait dans sa galerie François Boucher et ses suiveurs, et il y avait là de très beaux exemples de dessins du XVIIIe siècle. Ma chance a été ensuite de pouvoir exposer au Salon du dessin, véritable institution internationale dans ce domaine, et d’entrer véritablement dans la réalité du marché. Je suis aujourd’hui très heureuse de présenter chaque année un nouvel accrochage d’une sélection de feuilles autour d’un thème ou d’une technique.
Que recherchent les collectionneurs et amateurs dans ce domaine ? A quoi sont-ils sensibles ?
« Chaque client est une aventure ! », selon les mots d’Ernst Beyeler. Les modes changent et le goût évolue très vite mais ce qui est sûr, c’est que les grands collectionneurs recherchent des dessins d’artistes de premier plan, en bon état et avec une belle provenance. Pour les amateurs, je mise sur un éventail de feuilles variées à des prix divers, et donc aussi sur des œuvres simplement décoratives. J’observe que les visiteurs sont toujours rassurés de voir un dessin inclus dans un catalogue de musée ou une de vos publications. Ils se montrent aussi sensibles à la poésie d’un thème ou d’un simple dialogue de formes et de couleurs.
Quel chef-d’œuvre aimeriez-vous découvrir ?
Je rêverais de découvrir une autre encre de Victor Hugo ! Ayant travaillé sur l’inventaire des collections de ses descendants, j’étais fascinée par l’originalité et la beauté de ses créations où entrait une part de hasard.
Quel conseil donneriez-vous à un néophyte qui a envie d’acheter un dessin ?
Commencer par collectionner des feuilles peu onéreuses parce que le goût évolue au rythme des connaissances qu’il va acquérir. Ou se faire bien accompagner. Le Salon du dessin offre un nombre signifiant de marchands compétents ouverts aux discussions pour développer sa propre appréciation d’une œuvre. S’immerser dans ce monde, voir et revoir le plus de dessins possible me semblent essentiels pour aiguiser son œil et affiner son goût. Le plus important n’est-il pas de définir ce que l’on aime ?