La volatilité fait partie intégrante des marchés, surtout en période d’incertitude. Elle génère du stress, quel que soit le profil d’investisseur, et met à rude épreuve stratégie, psychologie et discipline. Aujourd’hui encore, nous traversons une crise d’une rapidité comparable à celles d’octobre 1987, octobre 2008 ou mars 2020.
Dans ce contexte, il est essentiel de se rappeler quelques règles d’investissement fondamentales, éprouvées au fil du temps.
Rester investi : un défi émotionnel
La première règle d’or : rester investi.
Mais lorsque les marchés deviennent turbulents, nos émotions prennent souvent le dessus, activant plusieurs biais cognitifs :
- Biais de cadrage : l’attention se focalise sur les indices plutôt que sur les fondamentaux des entreprises.
- Biais de récence : les événements récents prennent le pas sur une vision long terme.
- Biais de disponibilité : les médias anxiogènes amplifient les peurs.
Face à cette pression, certains investisseurs recherchent du confort psychologique :
Ils vendent les bonnes valeurs pour sécuriser des gains, conservent les positions perdantes… et parfois, finissent par capituler.
Et lorsque le marché redémarre ? Leur portefeuille, lui, reste à quai.
Une part de liquidité peut, néanmoins, être intégrée en fonction de la sensibilité de chacun mais celle-ci doit rester nuancée.
Rester diversifié : une règle souvent négligée
Deuxième principe fondamental : la diversification (nombre de titres et variété sectorielle)
Pourtant, face à la volatilité, elle est souvent mise de côté.
- L’investisseur offensif, par excès de confiance, augmente la taille de ses positions et concentre son portefeuille.
- L’investisseur défensif, sous l’effet du biais de familiarité, recentre ses investissements sur ce qu’il connaît, au détriment de la diversification initialement construite.
Dans les deux cas, la volatilité brouille la stratégie de départ.
Rester mobile : adapter son portefeuille avec discernement
La capacité d’adaptation est clé, mais là encore, les réactions divergent :
- L’investisseur offensif peut tomber dans l’overtrading, multipliant les allers-retours inefficaces.
- L’investisseur défensif, paralysé par le stress et la dissonance cognitive s’accroche à des informations rassurantes (biais de confirmation) et attend que "l’orage passe", au risque de manquer des opportunités.
Et si la volatilité devenait une alliée ?
Ces périodes agissent comme un révélateur. Elles permettent de se recentrer sur l’essentiel :
- Si la volatilité devient psychologiquement intenable, il est temps de réévaluer sa tolérance au risque et d’ajuster son portefeuille.
- C’est aussi l’occasion de faire le ménage : réduire ou vendre les positions fragiles, renforcer les valeurs résilientes.
- Penser en arbitrage intra-sectoriel : identifier les gagnants au sein de chaque secteur, ceux qui rebondiront en premier.
- Ne pas oublier que la peur crée des excès : certaines valeurs sont injustement sanctionnées. Avec une analyse fondamentale rigoureuse, ces baisses peuvent cacher des opportunités à long terme.
Conclusion
La volatilité n’est pas notre ennemie. Elle teste notre stratégie, révèle nos biais, mais surtout, elle nous pousse à devenir de meilleurs investisseurs. Le plus grand danger n’est pas la tempête, mais la perte de cap.
Alors restons investis, diversifiés et mobiles.