Dans cet épisode, nous analysons le redémarrage progressif du cycle énergétique mondial. Après une reprise marquée des parapétrolières, la dynamique s’est étendue aux majors pétrolières en 2025, soutenues par l’amélioration des marges de raffinage et une forte génération de trésorerie. Le Venezuela apparaît davantage comme un levier d’investissement que comme un choc d’offre, tandis que les tensions autour de l’Iran introduisent une prime géopolitique dans les prix. En parallèle, le gaz naturel et le GNL renforcent leur rôle stratégique, et l’uranium bénéficie du retour du nucléaire dans les politiques énergétiques. Dans ce contexte, une allocation équilibrée entre parapétrolières, majors et nucléaire permet de capter plusieurs dynamiques complémentaires.
Points clés de l’article
Sommaire
Cycle énergétique 2026 : pétrole, gaz naturel et uranium au cœur du redémarrage
1. Redémarrage du cycle énergétique mondial
Le cycle énergétique connaît un redémarrage progressif après plusieurs années marquées par le sous-investissement. Depuis environ deux ans et demi, la reprise s’est d’abord matérialisée par un rebond des parapétrolières, porté par la hausse des dépenses d’investissement dans l’exploration, la production et la maintenance des actifs existants.
Dans un second temps, au cours de l’année 2025, cette dynamique s’est élargie aux majors pétrolières. Leurs valorisations demeurent attractives, soutenues par une nette amélioration de la rentabilité et une génération de trésorerie solide.
Ce mouvement illustre une phase classique de redémarrage du secteur de l’énergie : les investissements reprennent d’abord sur l’outil industriel avant de se refléter pleinement dans les résultats des grands groupes intégrés.
2. Venezuela : un levier d’investissement plus qu’un choc d’offre
Dans ce contexte plus porteur, les évolutions politiques récentes au Venezuela constituent un facteur de soutien supplémentaire.
Le Venezuela détient théoriquement les plus grandes réserves pétrolières mondiales. Pourtant, il ne représente aujourd’hui qu’environ 1 % de l’offre mondiale de pétrole. Même avec les évolutions observées début 2026, le pays ne dispose pas de la capacité suffisante pour influencer significativement les prix du pétrole à court terme. Les marchés anticipent d’ailleurs une remontée lente et progressive de la production.
L’enjeu principal réside ailleurs : dans l’état de l’outil industriel. Après plus de dix ans de sous-investissement, les infrastructures pétrolières sont fortement dégradées. Les autorités américaines ont évoqué une capacité d’investissement de 100 milliards de dollars pour réhabiliter l’ensemble de la chaîne pétrolière, sous réserve de licences et d’accords réglementaires.
Dans ce scénario, les parapétrolières apparaissent comme les premières bénéficiaires. La relance repose avant tout sur la réhabilitation des actifs existants. La nature du pétrole vénézuélien, extra-lourd et techniquement complexe, renforce la dépendance à l’expertise technique, plaçant ces acteurs au cœur du redémarrage.
Les majors pétrolières bénéficient également de ce contexte, mais de manière plus progressive, via leur présence déjà établie sur place et leur option stratégique sur une montée en puissance future de la production.
3. Majors pétrolières : le soutien structurel du raffinage
À court terme, l’un des principaux moteurs de rentabilité des majors pétrolières réside dans la vigueur des marges de raffinage.
Le marché des produits pétroliers demeure structurellement plus tendu que celui du brut. Malgré une offre relativement abondante de pétrole brut, les capacités de raffinage restent contraintes à l’échelle mondiale. Plusieurs fermetures d’unités et des années de sous-investissement, notamment en Europe et en Amérique du Nord, limitent l’ajustement de l’offre.
Cette tension soutient les marges et renforce la résilience du modèle intégré des majors.
4. Géopolitique énergétique : la prime liée à l’Iran
À ce cadre industriel s’ajoute un facteur géopolitique, notamment lié à la situation en Iran.
L’Iran produit environ 3,5 millions de barils par jour et continue d’exporter malgré les sanctions. Ces volumes sont déjà intégrés dans l’équilibre mondial du pétrole. Le risque actuel ne tient donc pas à une pénurie physique.
En revanche, les tensions internes et régionales fluctuantes introduisent une prime de désorganisation dans les prix du pétrole. Celle-ci transite par les routes maritimes, les assurances et les circuits de paiement, créant un soutien indirect aux cours.
5. Gaz naturel et GNL : pilier croissant du mix énergétique
Au-delà du pétrole, le gaz naturel s’impose comme un pilier croissant des stratégies énergétiques mondiales.
La demande demeure robuste, portée par le développement du GNL (gaz naturel liquéfié). Cette dynamique bénéficie aux majors pétrolières via des revenus plus diversifiés et relativement stables, mais également aux parapétrolières, fortement sollicitées sur les infrastructures et les équipements gaziers.
Le gaz naturel renforce ainsi la diversification énergétique du secteur.
6. Uranium et nucléaire : dynamique structurelle de long terme
L’uranium, combustible des réacteurs nucléaires, bénéficie du retour du nucléaire dans les stratégies énergétiques.
Ce regain d’intérêt repose sur trois piliers : la sécurité d’approvisionnement, la décarbonation et la nécessité d’une production d’électricité continue et ajustable selon la demande.
Parallèlement, l’offre d’uranium reste contrainte après plusieurs années de sous-investissement. Les délais nécessaires pour remettre en production des capacités minières sont longs.
La combinaison d’une demande structurelle et d’une offre rigide crée un marché plus tendu et inscrit l’uranium dans une dynamique énergétique de long terme, étroitement liée à l’évolution du nucléaire civil.
7. Positionnement et allocation énergétique
Au regard de ces dynamiques complémentaires — pétrole, gaz naturel et uranium — le secteur de l’énergie présente aujourd’hui un profil équilibré entre reprise cyclique et tendances structurelles.
Dans ce contexte, une allocation répartie entre parapétrolières et majors pétrolières, complétée par une exposition au nucléaire, permet de capter à la fois la dynamique des investissements et la résilience du modèle intégré.
Concrètement, l’exposition au secteur de l’énergie s’élève actuellement à 8 %, une pondération susceptible d’évoluer en fonction des conditions de marché et des dynamiques géopolitiques.
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